En ce temps là
l'amour
Billetterie
  • genre : Théâtre contemporain
  • durée : 1h10
  • lieu : théâtre des Mathurins à Paris
  • date : à partir du 11 octobre 2019

Z. vient tout juste d’être grand-père. Il se décide alors à enregistrer pour son fils, sur bandes magnétiques, un souvenir gravé à jamais dans sa mémoire : sa rencontre avec un père et son jeune garçon dans le train qui les conduisait aux camps de la mort. Le temps du trajet, ignorant le chaos qui s’installe de jour en jour dans le wagon, ce père va profiter de chaque instant pour transmettre à son fils l’essentiel de ce qui aurait pu faire de lui un homme. La pièce est séquencée en 7 chapitres pour les 7 jours du trajet du train. Sept jours comme la création du monde, un monde que ce père refuse de voir s’effondrer. L’incroyable poésie et l’humour qui se dégagent de ce texte donnent à la pièce une force et une émotion d’une rare intensité.

note d'intention du metteur en scène

J’ai rencontré Gilles Ségal en 2010 ; il interprétait le personnage principal d’un court métrage que je réalisais. À cette occasion, j’ai découvert un homme sensible, doux, secret et intelligent. Quelques années plus tard, j’ai assisté à une représentation de son seul en scène En ce temps-là, l’amour. Au théâtre, c’est le plus grand choc que j’ai eu en tant que spectateur. De ce texte, se dégagent une poésie incroyable et une émotion intense. J’ai toujours été « passionné » par la Shoah, et une question tourne dans ma tête, sans réponse : où s’arrêtait l’horreur ? Malgré la charge autobiographique de sa pièce, Gilles a réussi l’immense pari de traiter de ce sujet sans pathos ni éléments larmoyants mais en nous intriguant, en nous immergeant dans un conte, et même, en nous faisant rire. J’ai ensuite découvert David Brécourt dans Kamikazes de Stéphane Guérin. David a cette force tranquille, un regard perçant et ce type de jeu organique que j’imaginais pour interpréter Z, le personnage principal de la pièce. Seul sur scène, Z exprime le besoin de témoigner et la nécessité de transmettre. Nous vivons ses fêlures, ses difficultés à parler… J’ai fait le choix d’ancrer la pièce dans les années 60. Pour la scénographie, l’atelier d’horlogerie marque le rapport au temps ; ce temps qui passe, ce temps imposé, ce temps dont « le fils » sera dépossédé…

Le parti pris poétique et l’ironie mordante qui se dégagent, malgré la lourdeur du sujet, de ce texte original et généreux, donnent à la pièce une force et une émotion d’une rare intensité, rehaussées par la belle présence de David Brécourt.

Âne Vert Théâtre

Gilles SÉGAL

David BRÉCOURT

Christophe GAND

Denis KORANSKY

Nils ZACHARIASEN

Raphaël SANCHEZ

Jean-Daniel VUILLERMOZ