Madame
de la Carlière
  • genre : classique
  • durée : 1h15
  • lieu : théâtre du lucernaire à Paris
  • date : 28 août au 3 novembre 2019

Madame de La Carlière fut publiée en 1773 dans la Correspondance littéraire, puis en 1798 sous le titre De l’inconséquence du jugement public de nos actions particulières. Diderot y dénonce, à travers l’histoire des amours du chevalier Desroches et de Madame de La Carlière, l’attitude de la « foule imbécile » qui juge sans réelle connaissance de cause, ou plutôt sans connaissance des multiples causes qui font agir les personnages. Cette peinture satirique des mœurs s’appuie sur un personnage de femme à la personnalité exceptionnelle, capable d’aller jusqu’au bout de ses sentiments et de pousser jusqu’à leur paroxysme le bien ou le mal.

note d'intention du metteur en scène

Le conte se présente sous forme d’un dialogue entre deux personnages non identifiés dont l’un possède la totalité des informations, l’autre des bribes. Nous avons conservé cette différence tout en l’atténuant et défini sexuellement les protagonistes : « Elle » a été le témoin de certains épisodes représentés et connaît toute l’histoire ; « Lui » en sait beaucoup par ouï-dire, de seconde main, si je puis dire. C’est que la partie qui se joue ici est plus complexe qu’une simple restitution du conte puisqu’il fallait l’inscrire sur le théâtre. Nous avons donc Elle et Lui conteurs ; Elle et Lui amants, qui utilisent le récit pour se séduire ; Elle et Lui interprétant Madame de La Carlière et le Chevalier Desroches ; Elle et Lui imitant la foule, les voix anonymes du jugement publique, figures déformées à la James Ensor ; enfin, Elle et Lui disputant sur la meilleure façon pour des acteurs d’interpréter ces personnages, thème qui développe une idée esquissée dans le conte lui-même. Pour donner ces amplifications au récit d’origine, nous avons fait de nombreux emprunts à d’autres œuvres de Diderot, en l’occurrence : la Lettre sur les aveugles, les Pensées philosophiques, les Entretiens sur le fils naturel, De la poésie dramatique, le Paradoxe sur le comédien, la correspondance, dont les Lettres à Sophie Volland, Mademoiselle Jodin et à Madame Riccoboni, Sur les femmes, et le Supplément au voyage de Bougainville. Pour faire bonne mesure, nous avons inséré quelques phrases de Jean-Jacques Rousseau recopiées dans la Lettre à d’Alembert sur les spectacles.

La nouvelle de Denis Diderot, adaptée et mise en scène avec un certain raffinement par Hervé Dubourjal, nous propose une réflexion satirique sur la condition féminine, l’absurdité des lois et des institutions qui brident le naturel de l’homme.

Coup2theatre

DENIS DIDEROT ADAPTATION

CAROLINE SILHOL

HERVÉ DUBOURJAL

HERVÉ DUBOURJAL

VERANI PÈRE ET FILLE 

YVES ANGELO

JEAN-CHRISTOPHE DENIS

COQ HÉRON PRODUCTIONS

SOLIVAGUS